l’IA et le Big Data contre le Covid-19

Les autorités chinoises sont actuellement lancées dans une course pour endiguer la propagation du coronavirus SARS-CoV-2 à l’échelle mondiale. Alors que la maladie COVID-19 a déjà infecté plus de 70 000 personnes et réclamé 1775 vies à l’échelle mondiale, les chercheurs du monde entier mettent tout en oeuvre pour éviter la pandémie.

Dans cette bataille contre le nouveau coronavirus apparu à Wuhan, le Big Data et l’intelligence artificielle se révèlent d’un précieux secours. Ces technologies avaient déjà permis à l’entreprise canadienne BlueDot de prédire l’épidémie, mais elles peuvent aussi aider à la contenir.

Dans un communiqué, la National Health Commission (NHC) chinoise recommande aux gouvernements locaux d’utiliser  » le Big Data pour suivre et détecter les cas, et prévoir le développement de l’épidémie en temps réel « .

Ainsi, les autorités sont appelées à  » renforcer le lien d’informations entre la sécurité publique, le transport et les autres départements « . Elles sont notamment invitées à partager les données médicales, de communication, et celles des transports tels que les trains et les avions.

Alors que la ville de Wuhan est en quarantaine depuis le 23 janvier 2020, plus de 5 millions de voyageurs ont quitté la ville durant le festival du Nouvel An Lunaire selon le maire. L’une des urgences est donc de retrouver ces personnes avant qu’elles ne propagent le virus dans toute la Chine et au-delà.

Afin d’y parvenir, les autorités s’appuient sur les données. Dans certains quartiers de Pékin, les résidents sont sommés de scanner un code QR pour renseigner leurs informations personnelles : numéro de téléphone, adresse postale, plaque d’immatriculation, récents voyages et mode de transport…

Il leur est aussi demandé s’ils ont  » récemment » visité la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale. Les citoyens doivent aussi préciser s’ils ont eu un contact avec une personne de cette région.

Récemment, un homme qui avait voyagé à Wuhan s’était mis en quarantaine autonome dans sa résidence située à Nanjing dans la province du Jiangsu. Il n’avait parlé de son voyage à personne, mais les autorités locales ont pu l’identifier en analysant les données de voyage depuis la ville. A sa grande surprise, des officiers ont ainsi été envoyés à son domicile afin de vérifier sa température.

Plusieurs entreprises chinoises ont aussi développé des applications permettant aux utilisateurs de vérifier s’ils ont pris le même avion ou le même train que des personnes infectées. Ces applis se basent sur des données tirées de listes publiées par les médias officiels.

L’intelligence artificielle pour détecter la fièvre

La fièvre est l’un des principaux symptômes du COVID-19. De fait, détecter la fièvre est une priorité pour les autorités chinoises afin d’identifier les infectés potentiels.

Dans la plupart des quartiers, ce sont des thermomètres traditionnels qui sont utilisés à cet effet. Cependant, les hubs de transports publics essayent également des systèmes reposant sur l’intelligence artificielle et les caméras infrarouges.

A Pékin, un système développé par Baidu (le Google chinois) scanne les voyageurs de la gare Qinghe en combinant l’infrarouge et la reconnaissance faciale. Si la température d’une personne dépasse 37,3 degrés, une alarme se déclenche et le personnel de la station effectue un deuxième test.

Selon Baidu, le système peut vérifier plus de 200 personnes par minute. Cette méthode est donc bien plus rapide que les scanners thermiques utilisés dans les aéroports.

L’entreprise chinoise Megvii spécialisée dans l’IA a elle aussi développé un système similaire. Celui-ci est utilisé dans une station de métro de Pékin. Pour créer cette technologie, plus de 100 personnes ont dû collaborer depuis leur domicile pendant les vacances du Nouvel An Lunaire.

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